Appel en ligne
École d'été Espaces et identités italiennes : musées et restauration
Introduction à la candidature
Rome, École française de Rome, 20-24 juillet 2026
École française de Rome, en collaboration avec : Fondazione Gilardi, Montagnola ; Bibliotheca Hertziana - Max Planck Institut; Università degli Studi di Torino (Département d’études historiques) et Università Ca’ Foscari Venezia (Département des sciences humaines), dans le cadre du projet « 2022KMSWRF Italian restorers move to America », financé par les fonds PRIN 2022, CUP H53C2400136000.
Direction scientifique
Maria Beatrice Failla (Università degli Studi di Torino)
Letizia Tedeschi (Università della Svizzera italiana)
Stefania Ventra (Università Ca’ Foscari Venezia)
Comité scientifique
Carmen Belmonte (Università degli Studi di Padova)
Catherine Brice (Université Paris-Est Créteil)
Gianluca Belli (Università degli Studi di Firenze)
Paola Barbera (Università degli Studi di Catania)
Albane Cogné (École française de Rome)
Matthew d’Auria (University of East Anglia)
Paolo Delorenzi (Università Ca’ Foscari Venezia)
Michele Luminati (Universität Luzern)
Pierfrancesco Palazzotto (Università degli Studi di Palermo)
L’École d’été Espaces et identités italiennes : musées et restauration s’inscrit dans le projet Spazidentità. Spatialités matérielles et immatérielles de l’italianité de la République cisalpine au fascisme : territoires, villes, architectures, musées, soutenu par l’École française de Rome et ses partenaires (Programme structurant 2022-2026). Ce projet s’interroge sur les relations entre les dimensions spatiales et la construction d’un sentiment d’appartenance italien. Cette école d’été sera l’occasion d’examiner les modalités de formulation, de représentation et de transmission des identités italiennes à travers deux champs d’observation privilégiés : les musées et les pratiques de restauration des œuvres d’art.
À partir du prisme de la conservation et de la mise en récit du patrimoine artistique, l’initiative se propose comme un espace de réflexion interdisciplinaire sur la question des identités italiennes, délibérément déclinées au pluriel afin d’en souligner le caractère historiquement stratifié, multiple et parfois conflictuel.
Entre l’époque des Républiques sœurs et la période fasciste, les espaces muséaux deviennent en Italie des lieux cruciaux d’élaboration de récits sur l’identité nationale et sur ses déclinaisons locales et territoriales. Ces récits évoluent en fonction des perspectives critiques et disciplinaires, des orientations historiographiques, ainsi que des conditions socio-politiques et juridiques qui déterminent leur naissance, leurs transformations, leurs changements de gestion et de fonction. Les musées se configurent ainsi comme des dispositifs culturels et politiques, au sein desquels s’entrecroisent des pratiques d’étude, de conservation, de sélection et de mise en scène du patrimoine, comme l’ont montré les travaux en histoire et en histoire de l’art, en muséologie et en muséographie.
Parallèlement, sur le même arc chronologique, les cultures de la restauration connaissent une articulation théorique et pratique progressive. Dès le XIX? siècle, la restauration répond à des sollicitations multiples et parfois divergentes, liées aussi bien au développement du collectionnisme privé qu’à la naissance et à l’expansion des grands musées publics, d’abord en Europe puis aux États-Unis d’Amérique. Dans ce contexte, les pratiques de restauration se situent au croisement des exigences de conservation, des instances de valorisation esthétique et des demandes du marché de l’art.
La publication des premiers rapports et des premiers manuels, ainsi que l’intensification du débat international, contribuent progressivement à définir non seulement des méthodes et des procédures opérationnelles, mais aussi la signification historique, sociale et politique des opérations de restauration. Les choix de restitution esthétique des œuvres d’art participent en effet à la formulation d’idées spécifiques de l’œuvre, de l’artiste, de l’école et, plus généralement, de l’identité culturelle, dans un contexte marqué par la tension constante entre revendications localistes et ambitions centralisatrices — en particulier dans la période post-unitaire — ainsi que par des velléités de propagande.
C’est également dans ce cadre que s’inscrit la définition progressive des spécialisations des restaurateurs, une profession qui n’est pas encore nettement distincte des activités artistiques et artisanales et qui s’insère pleinement dans les dynamiques des grandes migrations professionnelles et culturelles en Europe et vers les territoires américains. La circulation des compétences, des savoirs techniques et des modèles opératoires contribue ainsi à la construction de traditions nationales et transnationales de la restauration.
Au cours du XX? siècle, et en particulier autour du milieu du siècle, la restauration devient également l’un des précurseurs symboliques et culturels du Made in Italy. La fondation de l’Istituto Centrale del Restauro (1939) répond à la volonté de l’État italien de promouvoir une modalité d’intervention univoque, reconnaissable comme « nationale », tandis qu’à partir de 1963, la Teoria del restauro de Cesare Brandi est traduite, enseignée et diffusée à l’étranger.
Les institutions muséales, de même que les différents lieux du collectionnisme privé et de la conservation des œuvres d’art, ainsi que les cultures de la restauration, participent aussi bien aux grands événements historiques qu’aux micro-histoires qui se développent dans les différents territoires et au sein des relations nationales et internationales. De la même manière, les dynamiques liées à la gestion du patrimoine culturel sont étroitement liées à l’évolution des normes de protection, qui, sur la longue durée considérée, connaissent des phases de stagnation comme de fortes accélérations.
L’École d’été sera organisée autour de cours assurés par des enseignants issus des différents champs disciplinaires concernés, à commencer par les keynote speakers Dominique Poulot (professeur émérite, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Orietta Rossi Pinelli (ancienne professeure à l’Università La Sapienza, Rome) ; de visites extérieures dans des musées et des institutions patrimoniales (dont l’Istituto Centrale del Restauro, les Musées du Vatican, le Museo Napoleonico et l’ancien Ministero delle Corporazioni) ; ainsi que de présentations des recherches des participants sélectionnés.
Public visé
L’appel s’adresse aux doctorantes et doctorants ainsi qu’aux chercheuses et chercheurs post-doctoraux relevant des domaines disciplinaires suivants :
• Histoire
• Histoire de l’art, muséologie et muséographie
• Histoire de l’architecture
• Histoire de la pensée politique
• Histoire du droit
Candidatures
Le dossier de candidature devra être déposé avant le 10 avril 2026 à minuit.
Au moment de la candidature, il devra être précisé si l’on souhaite participer uniquement en tant qu’auditeur ou auditrice, ou bien en proposant une courte communication à discuter pendant les travaux. Dans ce second cas, les candidates et candidats sont invités à présenter des propositions portant sur des recherches en cours, en cohérence avec les thématiques de l’École d’été.
Le comité scientifique sélectionnera 10 participants.
Les langues de travail seront principalement l’italien et l’anglais. La compréhension des deux langues est requise, ainsi que la capacité de s’exprimer dans l’une des deux.
Le dossier de candidature doit comprendre :
Champ "lettre de motivation (un seul pdf):
• une lettre de motivation ;
• une lettre de recommandation rédigée par la directrice ou le directeur de thèse, ou par un enseignant référent pour les post-doctorants ;
• le cas échéant, si une proposition de communication est soumise, un résumé d’une longueur maximale de 10 000 caractères, espaces compris.
Champ "CV" (un seul pdf):
>> Un Curriculum Vitae
Les résultats de la sélection seront communiqués au plus tard le 15 mai 2026. Le programme définitif de l’École d’été sera envoyé au mois de juin.
Prise en charge des frais
L’inscription à l’École d’été est gratuite.
Les frais de voyage ne sont pas pris en charge. En revanche, l’École d’été couvrira les frais d’hébergement à Rome à la résidence de l’École française de Rome, Piazza Navona — de la nuit du 19 juillet à la nuit du 23 juillet — ainsi que les déjeuners et deux dîners (une cuisine est mise à la disposition des participants).
Informations
Pour toute information, merci d’écrire aux adresses suivantes en précisant dans l’objet « Summer school Spazidentità » :
• Maria Beatrice Failla : mariabeatrice.failla@unito.it
• Stefania Ventra : stefania.ventra@unive.it